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Le disconnecteur et la protection de l’eau potable

Le disconnecteur et la protection de l’eau potable

Le disconnecteur protège le réseau intérieur d’eau potable de la pollution engendrée par des retours accidentels de fluides de l’installation. Un dispositif indispensable pour continuer à boire l’eau du robinet en toute sécurité.

Ouvrir son robinet pour se servir un verre d’eau fraîche : un geste banal qui fait pourtant l’objet de toutes les attentions pour garantir son innocuité. Les réseaux intérieurs doivent répondre à la norme européenne EN1717 qui préserve l’eau potable de la pollution par retour de fluides.

L’eau de chauffage est en effet considérée comme non potable car elle est parfois au contact de tuyaux en acier non galvanisés, ou peut contenir des produits antigel et autres inhibiteurs de corrosion. Le disconnecteur hydraulique permet d’interdire un retour accidentel de ce fluide caloporteur dans le réseau d’eau potable. Aucune pollution de l’eau de boisson n’est alors possible.

Les éléments du disconnecteur

Implanté le plus près possible de la source potentielle de pollution, le disconnecteur peut être intégré à la chaudière ou installé par un professionnel.

Il dispose de trois orifices dont une évacuation pour laisser échapper l’eau du chauffage à l’égout s’il y a risque de pollution. La présence de vannes, l’une en amont et l’autre en aval, est conseillée car elle permet de remplacer facilement le disconnecteur en cas de défaillance.

Le disconnecteur se compose de trois éléments essentiels :

  • une soupape de retenue, placée à l’entrée dans la zone de pression amont, précédée d’un filtre ;
  • une chambre intermédiaire, équipée d’une membrane qui représente la zone de disconnexion ou zone de pression intermédiaire ;
  • une soupape de retenue, placée après la chambre intermédiaire dans la zone de pression aval.

Comment ça marche ?

Le disconnecteur entre en action quand les vannes de remplissage de l’installation de chauffage sont ouvertes pour faire un appoint d’eau. Il protège le réseau d’eau potable pendant cette opération de remplissage en évitant tout retour éventuel d’eau de chauffage.

Une fois les vannes de remplissage refermées, ses composants internes reprennent leur place initiale et la protection de l’installation est assurée en permanence.

Concrètement, lorsque l’on remplit l’installation de chauffage, la soupape de décharge reste fermée tandis que le clapet amont et le clapet aval sont ouverts, permettant l’écoulement de l’eau à travers l’appareil. A l’arrêt du débit, le clapet amont et le clapet aval se ferment, la soupape de décharge reste fermée.

Comment repérer une anomalie de fonctionnement ?

Au moment de l’appoint d’eau dans l’installation, une petite quantité d’eau peut s’échapper par l’orifice d’évacuation à l’égout. Cet écoulement doit ensuite stopper.

Un écoulement permanent est anormal. Une vérification de l’installation doit être réalisée par un professionnel qui procédera si besoin au remplacement du disconnecteur défaillant.

Situations à risques

Quand la pression côté eau de chauffage est supérieure à celle du circuit d’alimentation en eau potable, il y a risque de surpression. Dans le cas d’une surpression à l’aval et si le clapet aval est détérioré, la soupape de décharge s’ouvre pour mettre à l’égout toute fuite provenant du circuit de chauffage.

En cas de rupture d’une conduite sur le réseau d’eau potable, on observe une dépression, également appelée reflux d’eau, c’est-à-dire que de l’eau non potable peut venir polluer l’eau de boisson. Le clapet amont et le clapet aval restent alors fermés et la dépression provoque l’ouverture de la soupape de décharge.

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